En 1950, l’Europe et l’Amérique du Nord constituaient l’agrégat démographique le plus important parmi les entités considérées, avec environ 592 millions d’habitants, suivies de la Chine (544 millions), de l’Inde (357 millions) et de l’Afrique au sud du Sahara (178 millions).
En 2024, le paysage démographique mondial s’est profondément transformé :
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l’Afrique au sud du Sahara a vu sa population multipliée par plus de sept, atteignant 1,25 milliard d’habitants ;
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l’Inde a atteint 1,44 milliard, devenant le pays le plus peuplé du monde ;
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la Chine a atteint environ 1,42 milliard, après plusieurs décennies de croissance rapide désormais suivies d’une stagnation ;
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l’Europe et l’Amérique du Nord ont connu une croissance modérée jusqu’à 1,14 milliard, largement portée par les migrations plutôt que par l’accroissement naturel.
Les trajectoires observées correspondent à des stades distincts de la transition démographique :
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l’Europe et l’Amérique du Nord présentent les caractéristiques d’un régime post-transitionnel : faible fécondité, vieillissement marqué et croissance naturelle nulle ou négative ;
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la Chine a achevé sa transition démographique de manière rapide et est entrée dans une phase de déclin démographique liée à une fécondité durablement basse et au vieillissement ;
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l’Inde occupe une position intermédiaire, avec une fécondité en baisse mais une croissance démographique qui se poursuit jusqu’au milieu du siècle ;
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l’Afrique au sud du Sahara demeure dans une phase plus précoce de la transition, avec une baisse graduelle de la fécondité mais des niveaux encore largement supérieurs au seuil de remplacement, entraînant une croissance rapide et continue de la population.
Les projections médianes des Nations unies indiquent que ces trajectoires divergentes devraient s’accentuer au cours du reste du siècle.
À l’horizon 2050, la population de l’Afrique au sud du Sahara devrait atteindre environ 2,1 milliards, dépassant à la fois l’Inde et la Chine. D’ici 2100, elle pourrait excéder 3,3 milliards, concentrant une part substantielle de la croissance démographique mondiale.
La littérature économique dominante compare rarement les performances macroéconomiques de l’Afrique au sud du Sahara en tant qu’agrégat régional aux grandes économies asiatiques. Les données officielles de la Banque mondiale (indicateur NY.GDP.MKTP.CD, PIB nominal en dollars courants) montrent que le PIB combiné de l’Afrique au sud du Sahara a été supérieur à celui de l’Inde sur la période 1976–1998, ainsi qu’en 2005, 2006 et 2008, et supérieur à celui de la Chine entre 1976 et 1991, à l’exception de l’année 1989.